CPF : du nouveau sur la mobilisation des financements

Formation professionnelle

Le Compte Personnel de Formation (CPF) continue d’évoluer pour mieux accompagner les projets de formation tout en renforçant la cohérence de son financement. Une des actualités les plus significatives de fin 2025 concerne la clarification de l’ordre dans lequel les financements sont mobilisés sur un CPF, à la suite de l’entrée en vigueur d’un décret publié début décembre 2025.

Regardons ensemble comment fonctionne désormais l’ordre de mobilisation des ressources CPF, en quoi cela change concrètement les règles du jeu, et quelles implications cela peut avoir pour les entreprises, les responsables formation et les salariés.


Comprendre l’ancienne logique du CPF

Jusqu’à présent, lors de la mobilisation d’un CPF pour financer une formation, la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) mobilisait en premier lieu les droits acquis par l’alimentation annuelle classique du compte (les droits dus à l’activité professionnelle du titulaire). Les abondements —  employeurs, OPCO, France Travail… — intervenaient ensuite si les droits acquis n’étaient pas suffisants.


Ce qui change depuis le décret du 3 décembre 2025

Un nouvel ordre de mobilisation des financements CPF a été introduit par un décret du 3 décembre 2025 (article R6333‑3 du Code du travail modifié). Il clarifie et réorganise la manière dont les sources de financement sont utilisées lorsqu’un titulaire lance une formation depuis la plateforme Mon Compte Formation.

📌 Nouvel ordre de mobilisation des ressources :

  1. Droits issus d’abondements réservés ou co‑construits— Les dotations volontaires et droits supplémentaires attribués par des financeurs tiers (employeur, OPCO, France Travail, CARSAT, etc.), qu’ils soient réservés à certaines formations ou non.— Les droits issus d’accords collectifs d’entreprise, de branche ou d’accords de performance collective.

    — Les abondements spécifiques (ex. pour lanceurs d’alerte, travailleurs de plateforme numérique).

  2. Ressources correspondant aux droits acquis par le titulaire— C’est‑à‑dire les droits accumulés via l’alimentation annuelle légale du CPF.
  3. Abondements complémentaires et droits spécifiques— Les abondements supplémentaires non réservés (employeur, OPCO, etc.) et les autres droits éventuellement mobilisables (ex. droits du Compte professionnel de prévention ou autres abondements particuliers).

👉 Une série d’arrêtés reste à paraître pour préciser l’ordre exact des ressources dans chacun de ces niveaux et déterminer leur hiérarchie interne.


Pourquoi cette évolution ?

L’objectif de cette nouvelle règle est de favoriser la co‑construction des financements CPF, en donnant la priorité aux abondements volontaires des financeurs tiers. Cela signifie qu’un employeur, un OPCO ou toute autre structure qui souhaite sécuriser ou orienter un projet de formation peut aujourd’hui y contribuer de manière plus visible et prioritaire.

Ce changement facilite également la planification stratégique des parcours de formation, car les financeurs peuvent désormais structurer leur contribution en amont et s’assurer qu’elle sera mobilisée avant les droits acquis classiques.


Ce que cela implique pour les entreprises, les RH et les responsables formation

📍 1. Plus d’impact pour les abondements des financeurs

Les abondements apportés par l’entreprise, l’OPCO ou d’autres financeurs arrivent désormais en tête de mobilisation. Cela peut être particulièrement utile lorsque ces abondements sont destinés à des actions spécifiques ou à des publics ciblés.


📍 2. Une meilleure co‑conception des parcours

Avec cet ordre de mobilisation, l’employeur ou l’OPCO peut contribuer en amont à l’ingénierie financière et pédagogique, ce qui encourage la construction de parcours de formation plus pertinents et alignés sur les besoins métiers.


📍 3. Une conception plus fluide du co‑financement

Dans un contexte où plusieurs acteurs peuvent intervenir (employeur, OPCO, France Travail, collectivité), cette clarification permet de mieux anticiper le schéma de financement global, y compris lorsqu’il y a abondements conjoints ou successifs.


Rappel : participation financière obligatoire et exonérations

Par ailleurs, depuis mai 2024, tout titulaire qui mobilise ses droits CPF doit s’acquitter d’une participation financière obligatoire pour valider son inscription, aujourd’hui fixée à 102,23 € pour l’année 2025. Cette participation s’applique même si les droits CPF couvrent la totalité du coût de la formation, sauf cas d’exonération (ex: demandeurs d’emploi, abondement par un employeur ou un OPCO, dispositifs spécifiques C2P).

Cette règle, bien qu’indépendante de l’ordre de mobilisation des financements, s’inscrit dans la même logique de responsabilisation du parcours et de transparence des financements CPF.


La révision de l’ordre de paiement des ressources CPF, entrée en vigueur fin 2025, est une évolution importante du dispositif. Elle donne désormais priorité aux abondements volontaires des financeurs — employeur, OPCO, France Travail, etc. — avant les droits acquis par le titulaire.

Pour les entreprises et les responsables formation, cette nouvelle hiérarchie de mobilisation des ressources facilite la co‑construction de parcours financés, alignés sur les besoins métiers et les stratégies de montée en compétences.

👉 Pour déterminer précisément comment ces règles s’appliquent à vos projets, il est recommandé de vous rapprocher de votre OPCO, qui peut vous accompagner à la fois sur les abondements possibles et sur l’anticipation des financements.

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